Presque tous les calculateurs de calories, y compris les applications les plus utilisées, s'appuient sur l'une de ces deux équations pour estimer votre métabolisme de base. Elles se ressemblent sur le papier — un mélange de poids, de taille, d'âge et de sexe — mais elles n'ont pas été construites à la même époque, ni sur les mêmes populations, et leurs résultats peuvent diverger de façon notable.

Harris-Benedict, une équation centenaire

L'équation de Harris-Benedict date de 1919, établie par James Arthur Harris et Francis Gano Benedict à partir de mesures de calorimétrie indirecte sur un échantillon de population assez restreint pour l'époque. Elle a été révisée en 1984 par Roza et Shizgal pour corriger certains écarts observés avec les données plus récentes.

Sa structure générale combine le poids, la taille et l'âge, avec des coefficients différents pour les hommes et les femmes. Pendant des décennies, elle a été la référence quasi unique en nutrition clinique, avant d'être progressivement supplantée par des équations construites sur des échantillons plus larges et des instruments de mesure plus précis.

Mifflin-St Jeor, une formule plus récente et généralement plus précise

Publiée en 1990 par Mifflin, St Jeor et leurs collègues, cette formule a été construite à partir d'une population plus représentative de la morphologie moderne, avec des méthodes de mesure plus rigoureuses que celles disponibles au début du XXe siècle. Elle s'exprime ainsi :

  • Pour les hommes : 10 × poids (kg) + 6,25 × taille (cm) − 5 × âge + 5
  • Pour les femmes : 10 × poids (kg) + 6,25 × taille (cm) − 5 × âge − 161

Plusieurs comparaisons menées depuis sa publication montrent qu'elle a tendance à surestimer moins souvent le métabolisme de base que Harris-Benedict, en particulier chez les personnes en surpoids ou obèses. C'est pour cette raison qu'elle est aujourd'hui la formule par défaut recommandée dans la plupart des guides de nutrition clinique, et c'est également celle que nous utilisons dans notre calculateur de calories.

Le principal changement entre les deux équations tient dans la façon dont l'âge et la taille sont pondérés : Mifflin-St Jeor accorde un poids un peu différent à ces variables, ce qui réduit certains biais observés avec l'ancienne formule chez les adultes plus âgés ou en surpoids marqué.

Pourquoi cet écart entre les deux formules ?

La différence tient surtout à la population de référence. Harris-Benedict a été calibrée sur un échantillon relativement restreint et peu représentatif de la diversité corporelle actuelle, tandis que Mifflin-St Jeor s'appuie sur un échantillon plus large et plus cohérent avec les morphologies observées aujourd'hui dans la plupart des pays occidentaux.

En pratique, l'écart entre les deux formules reste souvent modeste, de l'ordre de quelques dizaines à une centaine de kilocalories par jour pour une même personne. Mais sur plusieurs semaines ou mois, cet écart peut suffire à expliquer pourquoi un objectif de poids stagne alors que les calories semblent pourtant bien comptées. C'est aussi pour cette raison que deux applications ou deux calculateurs différents peuvent afficher des chiffres légèrement différents pour un même profil, sans que l'un des deux soit forcément « faux ».

Les cas où aucune des deux formules n'est vraiment fiable

Ni Harris-Benedict ni Mifflin-St Jeor ne tiennent compte directement de la composition corporelle : les deux se basent sur le poids total, pas sur la proportion de masse musculaire. Cela pose problème pour certains profils.

Les personnes très musclées, comme les athlètes de force, ont souvent un métabolisme de base plus élevé que ce que prédisent ces formules, car le muscle consomme plus d'énergie au repos que la masse grasse. À l'inverse, les personnes en situation d'obésité importante peuvent voir leur métabolisme surestimé, une partie du poids supplémentaire correspondant à de la masse grasse, métaboliquement moins active. Les personnes âgées, chez qui la masse musculaire diminue naturellement avec le temps, obtiennent elles aussi des estimations moins précises à mesure que les années passent. Dans ces cas-là, une formule intégrant la masse maigre ou un suivi empirique sur plusieurs semaines donne une image plus fidèle que n'importe quelle équation basée uniquement sur le poids.